17 juin 2022

Investissement productif : la politique ambitieuse et continue de l’Italie

Là où la France a mis en place des dispositifs parfois sous dimensionnés budgétairement et intermittents (exemple : la subvention « industrie du futur » et ses fermetures anticipées de guichet), l’Italie a sur mettre les moyens pour moderniser son parc machines et s’inscrire dans la durée. Cette politique est une réussite avec un poids de l’industrie manufacturière de 17% (et de 25% pour l’ensemble de l’industrie) en 2021 alors même qu’il n’est que de 10% en France (et 12,4% pour l’industrie en général).

Les cinq gouvernements qui se sont succédés depuis 2017 en Italie ont mené une politique ambitieuse et continue en matière d’investissement productif avec plus de 30 milliards consacrés à différents dispositifs notamment un suramortissement « Industria 4.0 », complété de 2017 à 2020 avec un crédit d’impôt formation dans le cadre du plan « Impresa 4.0 » .

En 2020 est entré en vigueur un crédit d’impôt dénommé « Transizione 4.0 » autour de la notion de connectivité de l’atelier et ce avec un taux de soutien différenciant en fonction du type d’investissement. Ce taux est également décroissant dans le temps : Transizione 4.0 - Italia Domani

Pour les investissements matériels :

2022 :

  • 40% pour un investissement jusqu’à 2,5 millions d’euros ;
  • 20% pour un investissement entre 2,5 et 10 millions d’euros ;
  • 10%  du coût d’un investissement entre 10 et 20 millions.

Entre 2023 et 2025 :

  • 20%  du coût d’un investissement jusqu’à 2,5 millions d’euros ;
  • 10% entre 2,5 et 10 millions d’euros ;
  • 5% entre 10 et 20 millions d’euros.

Pour les biens immatériels (transformation 4.0) :

  • Entre 2021 et 2023 : 20% du coût de l’investissement dans la limite d’1 million d’euros ;
  • 2024 : 15% dans la limite d’1 million d’euros ;
  • 2025 : 10% toujours dans la limite d’1 million d’euros.

Pour bénéficier de ce crédit d’impôt, il suffit d’avoir un bureau ou une succursale en Italie (avec l’équivalent d’un numéro de SIRET).  Ne pas avoir de site de production dans le pays n’est donc pas discriminatoire.